L’histoire vraie d’Elisa et d’Apenino, deux galgos qui reviennent de très très loin…

Je vais vous raconter une histoire aujourd’hui qui aurait pu être belle si elle s’était passée ailleurs qu’en Espagne où il ne fait pas bon de naître galgo.

Puisque cette race de lévriers, sacrifiée sur l’hôtel d’une tradition ancestrale, n’est considérée que comme un outil de chasse et que chaque année 50 000 galgos sont exterminés.

Jeudi dernier à cette heure-ci je me préparais pour partir assister à une partie de  chasse qui était en fait une sorte d’épreuve de sélection puisque nous étions susceptibles de revenir avec des galgos et que nous avions prévu un camion pour les acheminer à la FBM.

Me voici donc dans les champs avec Rocio et une bénévole espagnole militante de notre cause et qui habite dans un village à galgueros.

Il fait beau, le soleil est tout doux, j’admire le paysage, les champs à perte de vue avec au milieu des bosquets d’oliviers truffés de gibier.

Je me pince, oui je suis bien là à faire bonne figure à ce galguero, ma foi fort sympathique au premier abord, il pourrait être mon père, un bon bonhomme qui inspire confiance.

Alors je cherche à travers son visage avenant à voir l’autre visage.

Qui es-tu, galguero, quel homme es-tu avec tes galgos ?

Montre-moi ta vraie personnalité.

Il est accompagné de deux de ses galgos, un mâle bringé foncé et une femelle bringée taupe. Qu’ils sont beaux, tous les deux.

Ils osent à peine  me regarder, ils sont timides mais pas craintifs, je les prends en photo et lorsque ça fait clic je n’ai qu’un espoir, pouvoir les emmener avec moi et je leur parle à travers mon objectif mais je ne leur promets rien, non rien du tout pour ne pas me faire de mal.

L’homme commence à chasser, le podenco est chargé de débusquer le gibier, et dès qu’un lièvre détale il lâche ses lévriers en tirant d’un coup sec sur le lien qui enserre les deux colliers.

Et ils démarrent au quart de tour et ils courent ils courent à vive allure pour attraper le lièvre…

Il y a plusieurs départ mais chaque fois ils reviennent bredouilles… Les chiens commencent sérieusement à se fatiguer..

Et moi, je commence à m’impatienter, je demande à Rocio si on va les récupérer et elle me fait la moue… Je crois que c’est fichu, visiblement ils seraient encore bons pour finir la saison.

C’est mort, je crois, et les bras m’en tombent, des frissons traversent mon corps et ma déception est immense.

Ça fait deux heures que je suis là avec eux, que mon inconscient leur parle à travers mon objectif, et tout ça pour ça…

Et puis d’un seul coup le podenco débusque, le galguero est surpris et nous aussi, il lâche d’un geste sec les deux galgos et moi, je les regarde partir en espérant de toutes mes forces qu’ils n’attrapent pas ce lièvre.

A cet instant précis la femelle s’arrête net et fait demi-tour, le mâle la suit et s’arrête même pour une pose pipi !!

Ils sont revenus vers nous, je n’y croyais pas, c’est un vrai miracle…

J’ai compris que l’homme était énervé, Rocio m’a regardée et le pouce en l’air elle m’a fait comprendre que c’était  gagné !!

Il les a grimpés sans ménagement dans le 4X4 et à ce moment précis j’ai vu son vrai visage.

Il n’était pas ce bon bonhomme à la barbe blanche qui aurait pu se déguiser en Père Noël et distribuer des bonbons aux enfants.

Non, il n’était pas cet homme-là…

Non Odile, tu n’étais pas dans un conte de fée, les galgueros gentils ça n’existe pas..

Elisa et Apenino sont donc rentrés avec nous à la FBM, accompagnés de leurs onze frères de misère.

L’histoire n’est pas terminée, elle est belle jusqu’au bout.

A la descente du camion, les 13 galgos ont été mis par groupe dans 3 box par les soigneurs de la FBM.

Et une heure plus tard lorsque je suis rentrée dans le chenil où étaient mes deux protégés, vous n’allez pas me croire, la femelle m’a souri !!

Et pas qu’une fois, elle n’arrêtait pas et nous étions là avec Evelyne, complètement baba de voir ça.

Oui Elisa n’en finissait pas de retrousser ses babines en levant la tête comme pour me remercier d’avoir tant espéré la ramener avec moi.

Je ne sais pas comment on peut appeler cela, mais en tout cas c’est arrivé, je sais bien que ce n’est que le fruit du hasard mais ça me fait du bien d’imaginer que peut-être j’y suis un peu pour quelque chose…

Elisa c’est un bonbon au miel, son regard est si profond qu’on s’y perd…

Apenino c’est la douceur même, il est  réservé, il fait peine il est soumis..

Ils remonteront tous les deux en France le 13 janvier dans notre premier transport de l’année.

https://www.levriers-sans-frontieres.com/category/transport-du-13-janvier/

Si vous avez un projet d’adoption pour l’un d’eux n’hésitez pas à remplir notre formulaire

 

 

15 pensées sur “L’histoire vraie d’Elisa et d’Apenino, deux galgos qui reviennent de très très loin…

  • 24 novembre 2017 à 15 h 21 min
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    Non Odile , ce n’est pas un hasard.
    Soyez en sûre. J’aime les belles histoires.

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  • 23 novembre 2017 à 21 h 42 min
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    Mais que devient le Podenco dans cette belle histoire ?

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    • 24 novembre 2017 à 6 h 45 min
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      A votre avis ??

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  • 23 novembre 2017 à 13 h 13 min
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    Votre récit me donne des frissons…Elisa a certainement compris pourquoi vous étiez là et elle s’est dit c’est le moment ou jamais! C’est vraiment super!
    J’ai vu un quad sur une des photos et je comprends maintenant pourquoi ma petite Brigi s’énerve quand elle en entend un passer…les mauvais souvenirs du passé…

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  • 23 novembre 2017 à 13 h 12 min
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    il y a tout une part encore inexpliqué
    la pensée peux influencer des événements
    beaucoup d exemples ont prouvés que c était tout a fait possible
    je suis persuadée que ça n a pas été un simple hasard …….

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  • 23 novembre 2017 à 11 h 11 min
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    Vous savez quoi, Odile ! Notre monde est fait d’ondes : nous en recevons et nous en dégageons. Et certains individus plus que d’autres, tels les magnétiseurs.
    Donc, je pense que ces deux galgos ont ressenti ce qui émanait de vous.
    Vous les aimez tellement ! Le galguero, lui, ne dégageait que des ondes négatives à leur encontre. Les animaux ont cette supériorité par rapport à l’homme.
    Ce récit me touche beaucoup.

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  • 23 novembre 2017 à 10 h 33 min
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    ET le podenco …. même misère, même combat ……

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  • 23 novembre 2017 à 10 h 30 min
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    Bonjour, Que d’émotions quand on pense aux autres qui n’auront pas la chance de vous avoir rencontré Odile. Ce calvaire des galgos ne finira donc jamais. Je suis désespérée et impuissante.

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  • 23 novembre 2017 à 10 h 25 min
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    Vous savez ( ou pas) Odile, la transmission télépathique fonctionne à merveille avec les animaux…..je la pratique chaque jour !!! ce n’est que du bonheur en tout cas !

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  • 23 novembre 2017 à 10 h 00 min
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    Ces deux là auraient-ils compris qu’ils avaient une chance d’échapper à tout cela ? Ont-ils compris que vous étiez là pour les enlever à leur vie misérable ? Auraient-ils fait exprès de ne pas chasser ?
    Qui sait ? Je voudrais bien le croire. Les galgos sont des chiens extrêmement sensibles, capables de comprendre énormément de choses. A lire votre histoire, on peut effectivement penser qu’ils ont saisi leur chance.

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  • 23 novembre 2017 à 9 h 42 min
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    Du suspens aujourd’hui sur ce blog. Je me demandais bien comment allait se terminer cette histoire.
    Elisa et Apenino ont peut-être compris qu’en s’arrêtant au milieu du champ, ils auraient le ticket gagnant vers la liberté, le confort, l’amour.
    En tous cas, cette pause pipi leur a sauvé la vie. Tant mieux.
    Odile, vous êtes géniale. Merci pour eux.

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  • 23 novembre 2017 à 9 h 06 min
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    enfin une belle histoire qui ne commence pas terrible mais qui se termine bien merci

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  • 23 novembre 2017 à 8 h 56 min
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    une belle histoire qui pourrai être magique dans d’autres circonstances, mais une belle histoire tragique quand même, tu étais là, toi Odile, entrain d’espérer de toutes tes forces de sauver ces deux petits cœurs et tu as réussi, tu peux être fière de toi même s’il en reste des milliers a sauver, c’était leur jour de chance , la page est tournée pour eux, le sourire d’une galga vaut tout l’or du monde, merci Odile

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  • 23 novembre 2017 à 8 h 47 min
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    Elisa & Apenino ont beaucoup de chance, grâce à toi Odile, sinon leur galguero les aurait massacrés. En plus, ces merveilleux chiens ont senti que tu les sauvais de leur mauvaise vie. ils vont enfin pouvoir se détendre et profiter de la liberté. Belle vie à vous 2.

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