Partager l'article ! Quatre jours et quatre nuits à Scooby: Ca y est, Nous arrivons à ce refuge. Nous roulons très lentement dans cette longue allée ...
Ca y est, Nous arrivons à ce refuge.
Nous roulons très lentement dans cette longue allée sableuse jusqu'à ce grand portail clos que nous aperçevons tout au bout.
Un bénévole vient nous l'ouvrir pour laisser entrer notre voiture et le camion qui nous accompagne. Nous sommes attendus.

Nos yeux s’écarquillent, nous voulons tout voir. Nous tournons la tête de tous côtés, assises dans cette petite voiture avec laquelle nous avons fait le trajet depuis l'Est de la France jusqu'au
sud de l'Espagne.
Un don cette voiture, non pas du ciel mais de la part d’une généreuse donatrice Française, qui désireuse de changer de véhicule, a gentiment offert celui-ci au refuge.

Ils vont être sacrément contents les bénévoles de ce refuge. Leur vieux tacot a rendu l’âme il y a plusieurs mois.
Nous avons conduit à tour de rôle, lorsque l’une était fatiguée, une autre prenait le relais. Nous avons tout de même les épaules raidies de tant d’heures de
route malgré les quelques arrêts
« spécialité gonzesses » dont nous seules avons le secret toutes les deux heures.
Pourtant, étrangement, Plus aucune de nous n’a envie de faire pipi.
Quel silence maintenant dans cette voiture. Ce mutisme dans lequel nous sommes claustrées toutes les trois est à l’inverse de l’atmosphère des 12 dernières heures passées ensemble dans ce
tout petit habitacle.
Nous avons cet indéniable talent de ne laisser aucune place au silence si nous en avons envie,
néanmoins, à cet instant si le moteur était éteint, on pourrait entendre battre nos cœurs dans nos poitrines.
A droite de cette allée , une route en contrebas. Une usine aux cheminées fumantes, grise et sale au milieu de quelques hectares de terrains vagues.

Sur notre gauche, les enclos des chiens. Enclos cernés de vieux grillages métalliques qui tiennent debout, on se demande comment.
A croire que ces bouts de fils de fer entrelacés, tout tordus par le poids des chiens en appui font tout ce qu’ils peuvent eux aussi pour tenter de protéger le plus possible ces
pauvres bêtes rassemblées là par dizaines.
Ces dizaines de chiens pour lesquels la seule distraction en dehors de l’heure de la distribution du repas n’est autre que de regarder le peu de voitures passer dans cette allée,
soulevant des nuages de poussière leur faisant cligner les yeux.

Le lendemain matin, après avoir fait le tour de ce refuge et constaté oh combien il est réellement précaire et vétuste ,nous déchargeons du camion les sacs de croquettes
récoltées au cours des animations, les quelques médicaments, pansements et autres compresses pour fournir un peu l’infirmerie. Nous en extrayons également les
cartons remplis de couvertures et de manteaux fabriqués par toutes les petites mains bénévoles qui ont si gentiment œuvré des heures durant à s’en user les yeux.
Pour eux. Tout ça, c’est pour eux.

Pour ces loulous au regard si triste que l’on voit grelotter.
Pour eux qui nous observent derrière ces enclos bringuebalants.
Oui, pour eux auxquels les hommes ont montré que la vie n’est pas un cadeau, cassant la confiance qu’ils offraient aux humains en les tabassant, les torturant, les
affamant.

Lévriers sans frontières est venu chercher une trentaine de ces chiens qui remonteront dans le camion de l’espoir en ce mois de Janvier si froid en
Espagne.
Une trentaine de lévriers auxquels nous allons offrir ce que nous avons de plus grand, notre cœur.
Nous sommes restés quatre jours en ces lieux. Quatre Jours et quatre nuits.
Quatre Nuits à entendre les chiens hurler à la mort et se battre, à savoir qu'ils étaient tous frigorifiés par ces basses températures et à ne rien pouvoir faire pour les
réchauffer.
Quatre nuits à se réveiller chaque heure en sursaut par les cris de ceux qui se font déchiquetés par les plus forts.
Quatre nuits à taper sur le mur de la pièce dans laquelle nous dormions juste derrière une paroi du refuge en espérant qu’ils nous entendent et qu’ils se calment.Qu’ils lâchent celui qu’ils
tenaient entre leurs crocs et sur lequel ils s’acharnaient , que l’on retrouvera certainement mort au petit matin
La quatrième nuit à serrer les mains à plat sur les oreilles en criant
–« assez, assez, j’en peux plus d’entendre ça ! »
Une nuit, Vincent, l’un de nous est sorti, espérant les calmer mais dans cette nuit noire, impossible de discerner quoi que ce soit.
Quatre jours à emmener les blessés se faire recoudre à l’infirmerie où un vétérinaire mal payé à cause du peu de moyens et débordé ne peut pas tous les soigner.

Quatre jours à conduire à cette même infirmerie les chiens malades, atteints par la toux du chenil recevoir un minimum de traitement.

Quatre jours à changer les couvertures trempées d’urine et d’excréments dans leurs paddocks délabrés, aux baraquements de planches de bois si détériorées qu’ils tiennent à peine debout.
Quatre jours à mettre des manteaux aux plus gelés et aux plus frêles d’entre eux.
Ces manteaux sur leur dos ne tiendront peut-être que quelques heures parce qu'en jouant ou en se battant ils tomberont sur ce sol terreux et crasseux .

Est-ce que ce petit Galgo tout noir au corps meurtris par les morsures d’un autre, si maigre, si faible, se souviendra de la chaleur de mes bras ? Est-ce qu’il gardera en mémoire la délicatesse de mes caresses sur son crane et tout autour de ses oreilles si froides ? Est-ce qu’il n’oubliera pas la tonalité piano, douceâtre presque mièvre de ma voix ce jour là quand je lui susurrais à l’oreille que maintenant tout irait bien en l’espérant si fort que les larmes coulaient sur mes joues parce que je savais que je lui mentais.

Est-ce qu’il y en a qui ont compris qu’on n’était pas tous des salops, quand je baissais mes yeux et regardais mes bottes parce que les plus apeurés n’avaient pas le courage de soutenir mon regard.
Je ne suis pas croyante, mais mon Dieu si tu existes, s’il te plaît fais en sorte que l’homme soit moins arrogant et moins méprisant. Plus aimant et n’inflige plus autant d’inutiles souffrances.

Si pour vos vacances, votre destination n’est pas encore choisie et que vous voulez vous rendre utile, où près du lieu où vous résidez je vous conseille de
passer, quelques heures, quelques jours dans un refuge en perdition.
Apportez votre aide, quelqu’ elle soit, je suis sûre que les bénévoles trop peu nombreux vous en seront reconnaissants.
MURIEL WIEN pour Lévriers sans frontières

ha muriel , tu a encore réussi a me tirer les larmes des yeux
ce chien noir ne remontera pas ?
s il viens , tu ne lui aura pas menti ....
Nous voulions le remonter mais il était réservé par une autre asso et c'est tant mieux pour lui, pauvre Galgo
il est poignant cet article
ça fait mal au coeur , mais c'est la vérité
on sait comment vivent ces pauvres chiens,comme ça!
Oui, il en faut du courage pour affronter cela, et encore merci d'avoir fait tant de trajet pour aller "réchauffer" les loulous de nos coeurs, les sans-noms, les sans-abris et abandonnés, ceux que je trouve TOUS beaux sans exception, même Galetta si maigre qu'elle aurait pu tomber d'inanition avant de remonter jusqu'ici, le pays où on les aime, où on les considère, beaux, nobles et si gracieux.
2012 est une nouvelle année où j'espère on verra encore évoluer les mentalités, dénonciations de maltraitance, pression populaire.
Si Dieu existe, Muriel, il nous a donné hélas le libre-arbritre, la plus terrible des armes dans les mains de certains...
La grande famille des adoptants, bénévoles, et ...autres s'aggrandit, et la cause se diffuse aussi même si certains ferment les yeux car trop douloureux.
Un jour, on décide de les ouvrir et d'agir !
Merci !!! merci à toute l'équipe
Oui, beaucoup refusent d'ouvrir les yeux et les oreilles pour voir tout ce malheur, oui je pleure car je voudrais les voir tous heureux, les galgos, les podencos et toutes les autres bêtes malheureuses. Oui, Dieu existe, et c'est pourquoi certain ont le courage et la grandeur d'ame de faire tant de sacrifices pour s'occuper de ces pauvres loulous. Nous avons notre libre arbitre et c'est ce qui fait la valeur de nos actes, car nous avons tous en nous du "bon" et du "mauvais" mais certains ont du courage, d'autre pas. Certains sont cruels d'autres ne sont qu'amour et vous êtes dans la seconde catégorie vous tous qui faites tant pour ces loulous. Et si je pleure c'est en partie parceque en dehors de ma petite Mari que j'aime si fort, je ne peut pas faire grand chose. Même quand j'essaye de faire prendre conscience du problême, les gens refusent d'écouter en disant que c'est trop triste, le mieux c'est d'avoir un chien.
il faut bien du courage pour affronter toutes ces horreurs!
et on sait que vous avez du courage!!!
BRAVO ET MERCI à toute l'équipe de LSF!
vous avez beaucoup de coeur
c'est un rêve ,une utopie :il faudrait que tous ces pauvres galgos viennent chez nous ,en France ,où ils seraient adoptés (ou en famille d'accueuil)
ils ne seraient plus martyrisés alors
ce serait la fin de leur triste vie ,de leur misérable sort...
je suis trop accro aux galgos maintenant
ces chiens là ne sont pas comme les autres :ils quelque chose en plus...
Merci Muriel pour cet article qui en effet tire les larmes ... tant mieux si le Galgo noir est reservé par une autre association et Muriel vous n aurez pas menti ... cette neige ce froid j ai l impression de les ressentir par ces photos .. merci a l equipe pour avoir fait tout ce qu ils pouvaient pour les aider les benevoles et les loulous..les mentalites evoluent lentement mais evoluent alors avec l amour de tous et chacun avec sa volonté de faire ce qu il peut nous avons le coeur un peu moins lourd de cette misere ..Muriel je ne crois pas en Dieu mais aux etres humains genereux comme vous et ceux qui aiment les animaux et les respectent ...merci pour cet article
Temoignage d'autant plus emouvant que je le lis tout en caressant ma Princesse Jackie (Josepha maintenant) chaudement lovée dans le canapé...Merci de l' avoir "remontée" elle,et tout les autres.Merci pour tout ce que vous faîtes pour eux.
merci Muriel pour ce magnifique article qui nous prend aux tripes.....oui , je ne doute pas que les chiens ont froid, très froid, qu'ils se battent et s'entretuent, que tout est vite sale, ou cassé....qu'il y a tant à faire pour les bénévoles.... C'est un énorme travail à refaire constamment .
et au milieu , tous ces pauvres chiens, dont on sait que certains auront la chance d'échapper à l'enfer, mais que d'autres seront laissés pour compte....La dernière photo avec le galgo blanc est magnifique....et emblématique !
Oh Muriel :'(
Quel magnifique témoignage, tu écris si bien avec ton coeur, je crois que tout est dit...
Merci pour eux, tu es vraiment formidable ♥♥♥
Bonsoir, vous parlez du petit galgo noir tout faible et blessé. Vous dites lui mentir en disant que tout irait mieux....que lui est-il arrivé ? Il porte un collier bleu, ne fera t'il pas partie des rescapés que vous allez ramener ?
Oups, sorry, je n'avais pas vu qu'il était réservé par une autre asso....mais en ce cas, vous ne lui mentez pas, tout va aller mieux pour lui, non ? Avez-vous de ses nouvelles ? Quelle asso est-ce ?
Sandro remontera en France pour LSF, il sera dans le camion de l'espoir en mars.
Merci pour votre réponse ! Donc c'est quand même votre asso, LSF, qui le sauve, Sandro le petit galgo noir ?
OUI !!
Super ! Donc, c'est finalement vous qui le récupérez et pas l'autre association !
Une question, est-ce qu'il reste à l'infirmerie jusqu'au mois de mars pour ses blessures ?
Les galgos que vous avez choisis et auxquels vous avez mis le collier bleu de la délivrance sont-ils dans un enclos séparé jusqu'au mois de mars, pour éviter qu'ils ne se bouffent entre eux ?
En fait, ma question est : à partir du moment où vous les avez choisis, sont-ils à l'abri de tout risque, sont-ils plus au chaud ?
Non, aucun d'eux n'est à l'abri malheureusement, il y a y une grande promiscuité là bas
Et il y aura moyen de parrainer Sandro ?
Au refuge non puisqu'il est réservé mais vous pouvez faire un don à LSF ou à Scooby pour aider à financer ses soins
D'accord, mais est-ce qu'il y aurait possibilité de le laisser à l'infirmerie ?
Il est quand même "grignoté" de partout par ses congénères....
C'est pas le top pour eux l'infirmerie, pas possible que les chiens y restent trop longtemps
Alors, il sera à peine remis qu'il va retourner se faire "grignoter" par les autres...et serq à nouveau blessé....quelle misère ! Maigre et faible comme il est, j'espère qu'il survivra jusqu'en mars...
Je l'espère aussi Catherine
Et oui Catherine, c'est bien là tout le problème, le refuge est loin d'être le paradis pour eux, même si les bénévoles font tout ce qu'ils peuvent...
Si Muriel avait l'impression de lui mentir, c'est justement pour cela, parce qu'elle savait qu'il retournerait auprès des autres chiens, et que peut-être il serait à nouveau blessé ou pire encore, d'ici le mois de mars...
Les animaux dans les refuges ne sont pas heureux même s'ils ont les soins ,la nourriture et un abri.Les bénévoles font ce qu'ils peuvent.Mais tout le monde peut aider pendant son temps libre,en sortant les chiens, en faisant des travaux, même que quelques jours,tout est utile.
Bonjour,
Si un jour vous redescendez dans l'un de ces refuges pourrais je venir avec vous pour donner un peu d'amour, de chaleur, de tendresse ...... ?
Bonjour,
Nous n'avons que 3 places dans le camion